Les
fontes d'art françaises - statues, fontaines et objets décoratifs en
fonte de fer de la Ville de Rio de Janeiro - ont été importées entre
1850 et 1900 pour orner les jardins, palais et places des quartiers
historiques de la " ville merveilleuse ".
Elles
proviennent d'un département de la région Champagne-Ardenne, où la
tradition métallurgique a su élever les savoir-faire au rang de l'art.
La Haute-Marne produira, en effet, l'essentiel des fontes d'art françaises.
A Rio, les œuvres sont signées par la plus prestigieuse d'entre elles
: la fonderie d'art du Val d'Osne.
Leur découverte progressive
sera le fait de deux personnes, l'une brésilienne, l'autre française,
mises en contact épistolaire en 1992 par Electricité de France. Sous
la bannière d'une association de sauvegarde, l'Aspm, Jacques-Paul
Cassinelli et Élisabeth Robert-Dehault, conjugueront leur passion pour
une ville et un patrimoine, et mettront au jour une, deux, puis dix,
puis un nombre impressionnant de fontes d'art, tombées dans l'anonymat
d'un paysage urbain presque immuable .
Sensibilisée dès 1993, la
ville de Rio de Janeiro souhaitera nouer un partenariat avec l'Aspm par
le biais de la Fondation des parcs et jardins, service créé au siècle
dernier par le botaniste français Glaziou. Eulalia Junqueira se joindra
alors à l'équipe.
Organisée en 1995 à la Casa
França Brasil, construction néoclassique de Grandjean de Montigny,
l'exposition " Fontes de arte ", permettra à l'Aspm et la
Fondation des parcs et jardins de mettre en commun le fruit de leur
riche collaboration et de sensibiliser les Carioques à un patrimoine
ignoré.
La Ville de Rio, poursuivra
activement cette politique de valorisation en soutenant un projet de séminaire
international sur les techniques de restauration des fontes d'art.
Organisé en 1997 par la Light, ce séminaire sera animé par la
Fondation des parcs et jardins, L'Aspm et la fonderie d'art française
GHM.
En lançant une campagne de
restauration systématique et en engageant une procédure de classement
de l'intégralité de sa collection de deux cents œuvres, la
municipalité poursuit une réhabilitation exemplaire et fait figure de
pionnière en la matière.
Rio de Janeiro, ville rénovée
et en perpétuelle évolution, est aussi un musée en plein air de cet
art du XIXème siècle dont Paris est le fleuron prestigieux . Parcourir
ses rues et jardins est un voyage initiatique dont on revient conquis et
plus que jamais déterminé à perpétuer les liens culturels si étroitement
tissés entre la France et le Brésil depuis deux siècles. (ERD)